Vermifugation : et si on apprenait ensemble à se poser les bonnes questions ?

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1. Pourquoi vermifuger ?

Le cheval est sensible à de nombreux parasites digestifs (strongles, gastérophiles, tænias…) qui peuvent provoquer, sans vermifugation, des pertes d’états, des diarrhées, des coliques et des décès.

Certes, mais à l’état sauvage ils n’avaient déjà pas le même régime alimentaire (variétés de plantes ++, écorce d’arbre…etc), et donc pas la même résistance du système immunitaire et digestif, et surtout… ils vivaient moins longtemps ! 

Les connaissances et les recommandations européennes pour la vermifugation des équidés évoluent d’années en années…

2. En pratique, ca donne quoi en 2025 ? 

La dynamique de vermifugation du cheval se pense, non pas sur une saison, mais sur une année voire sur plusieurs années : on appelle ça la vermifugation raisonnée, et notre meilleur outil c’est la coproscopie.

Découvrez pourquoi et comment réaliser cet examen avec le précédent article de RehactivEquine, en entier sur l’application Equitazone.

Pour les équidés adultes de plus de 4 ans:

Ceux ayant été correctement vermifugé dans leur jeunesse (système immunitaire compétent) : votre protocole de vermifugation doit tenir compte de :

  • Son mode de vie (pression parasitaire différente boxe / pâture)
  • Des autres équidés du troupeau : votre gestion doit être dans la même dynamique, ca ne veut pas dire qu’on va vermifuger tous les chevaux ou aucun. 
  • Gestion des crottins (ramassage, pâturage tournant…). 

Concrètement, la vermifugation « systématique » s’applique :

  • À la fin de l’automne / début de l’hiver : avec un duo ivermectine + praziquantel (EqValan Duo) car c’est le seul moment de l’année ou les tænias, parasites digestifs des équidés, sont sensibles au traitement (le praziquantel). A noter que les tænias ne sont pas visibles en coproscopies, donc c’est LE seul vermifuge réalisé systématiquement à cette période. 
  • Au moment de la mise à l’herbe / retour de l’herbe : on peut donner de l’ivermectine ou de la moxidectine. A noter que cette vermifugation peut aussi être justifiée par une coproscopie (c’est d’ailleurs l’idéal avec un grand I !). Cette coproscopie là, dépend réellement des conditions de vie de votre cheval (équidés adultes en paturage extensif ++ = faible pression parasitaire => probablement faible excréteur et vermifuge alors non nécessaire, seul une coproscopie vous le dira).

Etablir le profil de son équidé sur 2 ou 3 ans

A noter que cette démarche s’inscrit dans le long terme : le profil excréteur d’un cheval est stable dans le temps, afin de ne pas aller trop vite, je conseille d’établir le profil de votre équidé sur 2 a 3 ans de planning de coproscopies . Ainsi par exemple, si pendant 3 ans, votre cheval est faible excréteur en juin et en septembre sur les coproscopies, c’est probablement qu’il le sera les années suivantes (en considérant qu’aucun facteur environnemental ne change drastiquement). Cela peut aboutir a des années avec moins de coproscopies, moins de vermifuges, des économies et un biotope préservé ! 

🚨 A proscrire : 🚨

Une vermifugation systématique 4 fois par an sur tout un troupeau d’équidés adultes sans justification coproscopique.

3. La vermifugation raisonnée : pour quoi faire ? 

Vermifuger trop souvent ou sans réel besoin favorise l’apparition de résistances chez les parasites. C’est pourquoi il est recommandé de limiter l’utilisation des vermifuges chimiques aux périodes réellement nécessaires.

Comment adopter une approche raisonnée ?

  • 🐴 Faire des coproscopies régulières pour adapter les traitements au profil excréteur de chaque cheval (dans un meme troupeau, un cheval de 2 ans peut excréter 1500 oeufs par gramme de féces alors que son copain de 8 ans n’excrétera que 100 oeufs : vous vermifugez donc uniquement le jeune, mais en connaissance de cause !) 
  •  🌱 Mettre en place une bonne gestion des pâtures (ramassage des crottins, rotation des prés, cohabitation avec d’autres espèces comme les bovins ou ovins, mélanges des âges des chevaux ).
  •  🌱 La phytothérapie est intéressante dans beaucoup de cas chez les équidés, mais à noter qu’aucune plante ne tue les parasites (même pas l’ail !). Les plantes ne remplacent pas les vermifuges, par contre, cela peut aider le système immunitaire et contribuer à l’apparition du profil faible excréteur chez un équidé. 
  • 🩺 Ne JAMAIS sous doser un vermifuge ! Préférer surdoser légèrement. Le vermifuge est poids dépendant, il faut estimer le poids de votre équidé en mesurant avec un ruban barymétrique (pas à l’oeil nu !). Encore plus précis : un simple ruban de couture pour prendre les mesures comme sur le schéma.
mesurer poids cheval ruban
calcul poids cheval simple application
suivi graphique poids cheval

4. Comment adapter le protocole à votre cheval ?

  • 🐴 Si votre cheval vit seul : vermifugation raisonnée pour éviter les vermifuges inutiles.
  • 🌿 Si votre cheval vit en troupeau : votre démarche doit concerner l’ensemble des équidés du troupeau.  

5. Et pour les jeunes chevaux alors ? 

  • Avril : benzimidazole ou ivermectine (facultatif, en fonction de la pression parasitaire) 
  • Mai : benzimidazole ou ivermectine (rotation avec la 1ère le cas échéant) 
  • Août : benzimidazole ou ivermectine ou moxidectine.
  • Début d’hiver : praziquantel + ivermectine 

En fonction de la pression parasitaire, et du profil de la mère, il peut être nécessaire de vermifuger la mère 24 à 48h post mise bas, renseignez-vous. 

Pour les jeunes de 1 à 4 ans : 

  • Mars (printemps) : benzimidazole ou pyrantel 
  • Mai/juin : ivermectine ou moxidectine 2 mois après la mise à l’herbe 
  • Août / septembre : en fonction du mode de vie / sur coproscopies éventuellement on peut re vermifuger chevaux.
  • début d’hiver : praziquantel + ivermectine 

📌 Dans tous les cas, demandez conseil à votre vétérinaire. 


6. Où noter le suivi de vermifugation ?

➡️ Un bon suivi permet de réduire les vermifuges inutiles et de mieux protéger votre cheval !


📌 En résumé :

Vous voulez participer aux recherches vétérinaires?

Répondez à un questionnaire sur vos pratiques de contrôle des parasites digestifs chez vos équidés !

Auteur: Louise Bouet (étudiante vétérinaire en avant-dernière année)